Une autre vision du basket et du CSP Limoges
DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE
15/12/2013 11:33
CAUSERIE
D'AVANT MATCH
par Ken Dancy
DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE

Tel un Janus romain, regardant le passé et l'avenir, notre équipe étendard semble décidée à nous montrer un double visage. Je ne parle pas du visage affiché lors des deux non matchs de la saison (Cholet et Strasbourg), mais bel et bien de ceux qui se succèdent dans un joyeux enchaînement foutraque en cours de match.
Face à la défense individuelle plutôt large des Bourguignons, on a su mettre à profit une belle complémentarité ligne de fond et shoots extérieurs, avec cette réussite qui nous permet de voyager tranquille en cette première partie de saison.

Le problème et ce temps de latence passive qui s'affiche dès que l'adversaire change de mode défensif. Le passage intelligent des gars de Choulet en zone 3-2 nous alors plongé dans un abyme d'inertie qui a alors fait craindre le pire, voyant nos artilleurs longues portées sans solution autre que le pillonage en règle de l'arceau chalonnais.
Et alors, la solution passe par une intensité défensive qui n'existait pas lors du festival de concours de shoot.
En gros, quand l'offensif va, le défensif fait le minimum syndical, et quand l'offensif défaille, le curseur des mastodontes de la raquette monte en puissance permettant de souffler en attendant que le tsunami passe.

C'est du basket intéressant mais mettant à rude épreuve les nerfs les plus aguerris des supporters.
Alors, je ne me plains pas. On a des matchs non vérouillés, avec des scores cumulés entre 150 et 190 points marqués. On en a pour notre pognon, car le niveau des matchs est relativement bon, même si je ne me fais pas d'illusion sur la relativité de celui-ci ( la Coupe d'europe permettrait de vraiment s'étalonner).
Quand on arrive à mettre de l'intensité ni en attaque ni en défense, on a droit à ces longs couloirs d'ennui comme dans les deux matchs référence cités plus haut et qu'il faut garder dans un coin de la tête.
Inversement, quand on arrive à cumuler les deux, on a droit à ces matchs comme face à Pau, et surtout comme face au Mans. Deux autres références sur lesquelles on peut s'appuyer pour bâtir un avenir intéressant.

Les joueurs semblent s'accomoder à ce fonctionnement. Le vieux soldat Edwards n'affichent pas ses années et est devenu le vrai taulier de l'équipe. Son petit shoot reverse avec le fade away (bascule arrière) permet de se dégager des défenseurs trop collants. Reynolds va bientôt tenter de battre le record du père Jurij avec son exceptionnel 7/8 à trois points un soir de furia limougeaude. Moerman a enfin compris ce qu'on attendait de lui. Il se bat à l'intérieur, et son inébranlable foi en lui-même lui permet de se dépenser sans compter. Mais son côté un peu brouillon réapparaît de temps en temps. Dupraz arrive apparament à coacher tout ceci sans problème.
Les complémentaires Green et Acker offrent des solutions que peu d'équipe de Pro A peuvent se permettre actuellement (à part Chalon).
Zerbo est pas mal, même si toujours limité au niveau basket.
Le problème est Williams. Je l'aime pourtant bien. Il a du basket, mais visiblement il ne sait pas l'utiliser. Wait and see.

Revenons maintenant sur cette bonne vieille générale des familles entre Paris et Gravelines hier soir. Anodine ? Pas tant que ça. La ligue devrait prendre des sanctions (bien que je n'attende pas grand chose d'eux, vu le bordel généralisé que représente l'inorganisation totale du calendrier). Sachant qu'on va rencontrer les deux protagonistes dans les 15 prochains jours, les retombées de l'excès de tension d'hier soir pourrait avoir un impact sur nos prochains matchs.
Reste à savoir quel visage nous afficherons.
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