Une autre vision du basket et du CSP Limoges
MELANCHOLIA
24/01/2016 08:49
Bon, Limoges a perdu en Espagne, a gagné à Strasbourg, et c'est là l'essentiel.
Et ce sera tout pour aujourd'hui, enfin, en terme de pseudo analyse sur les matchs.
Non, je vais m'étendre sur une remarque qui m'a été faîte cette semaine, sûrement en rigolant, mais, avec un fond de vexation qui m'a un peu touché.

Lors d'une conversation avec un "supporter" (vous allez comprendre pourquoi je mets des guillemets), je me suis fait envoyer à la face que, moi, je n'étais pas supporter, vu que je n'allais pas à Beaublanc, et que je n'étais qu'un critique de salon.
Alors, je me suis posé la question: a-t-il raison? Ou se trompe-t-il sur ce qu'est un supporter?
Comme souvent, la réponse est un peu dans les deux camps.
Evacuons la première allégation: oui, je ne mets les pieds dans Beaublanc que de manière épisodique, je ne suis pas abonné. Pourquoi? Parce que d'abord, même si j'aime le basket, mon entourage subit déjà certaines de mes autres occupations (car j'ai une vie qui ne s'arrête pas qu'à une seule passion) et je ne me vois pas leur imposer cela en plus. Je ne juge pas les fervents suiveurs de l'équipe, et parfois je les admire (eux, et surtout leur famille) de pouvoir faire tout ceci sans que cela ne déteigne sur la vie familiale.
Mais néanmoins, je suis les matchs par d'autres réseaux (radio, télé, quand c'est possible, internet). Donc, je ne suis pas coupé du monde basket.

Ensuite, suivre le basket a un coût. La vie étant faîte de choix, je n'estime pas que devoir alimenter le club à de telles hauteurs financières soit dans mes priorités. J'en aurais les moyens, mais j'ai appris à faire des choix. J'ai préféré d'autres choses. Je ne dis pas que c'est mieux, mais c'est comme ça.
De plus, je crois avoir donné beaucoup à ce club en terme d'amour, d'affection et de temps pendant pas mal d'année.Entre 1988 et 1994, j'estime avoir donné de ma personne et de mon argent pour voir ce club dans ce qu'il n'a offert de plus beau. J'étais de Grenoble pour la finale contre Badalone (pour info, autres temps, autres moeurs, cela m'avait coûté le même prix qu'une place debout face à Moscou, déplacement compris), j'ai vu plus de match en 6 ans que sur ces quinze dernières années (même si je voudrais connaître le nombre de match de national que mon détracteur a pu voir lorsque Limoges a évolué à ce niveau-là). J'ai veillé jusqu'à 02h00 du mat pour pouvoir revoir le chef d'oeuvre exécuté face à Split de Boja, j'ai attendu jusqu'à plus de minuit pour entendre qu'en raison de la guerre en Irak, le match face au Maccabi(déjà) ne serait pas diffusé, l'actualité primant sur le sport.

On avait moins de chaîne, mais on voyait plus facilement le basket.
Ce club a connu son âge d'or, je suis fier de l'avoir vécu. Je suis fier d'avoir pu voir mon CSP atomisé l'Olimpiakos de 02 points au terme d'un match où l'intensité, tant sportive que les à côté, ne pourront jamais être égalés, tant ce soir là, la moiteur tombait du plafond et et les normes de sécurité moins drastiques avaient permis de bonder le Palais des Sports comme jamais. Je suis fier d'avoir pu voir l'avenue de la Libération pleine du haut en bas, d'avoir pu voir une file de bagnoles improbable empêchant l'accès à l'aéroport.
Je comprends l'engouement que la victoire a suscité. Moi-même, bien sûr, j'ai jubilé de la belle fin de championnat de l'an passé.
Alors, on peut m'expliquer plein de choses, que tout est formidable, que cette équipe est armée pour se péréniser dans ce championnat, que malgré tout, on n'est pas si loin des autres en Euroleague. Oui, c'est vrai. On n'est pas loin, mais on est derrière (en partie par notre propre faute, car il y a moyen de faire bien mieux). On est champion, mais d'un championnat qui nous produit des matchs moyens.
Moerman a la classe des géants qui ont forgé l'histoire de ce club. Pour les autres...Nobel, un mec comme Collins en avait un dans chaque jambe.

Pour moi, ce club, que j'aime malgré tout, pour toutes les raisons que j'ai citées plus haut, et qui m'ont donné tant de belles heures, et tant de déceptions à l'avenant.
Le beau doublé de 2000, pour aussi improbable qu'il fût, représente pour moi le dernier soubresaut de cette époque bennie.
Forte a redonné une image plus que correcte à ce club, et c'est pour ça que lorsque je l'égratigne, je ne le fais qu'à regret.
Mais, ce club est mort à cause de salopards en col blanc, et tout ce qui en a découlé après ne peut que difficilement atteindre ce que l'on a perdu.
Je ne suis pas adepte exacerbé du "c'était mieux avant", et je ne reproche pas aux supporters de ce CSP dernière vague de le défendre. Bien au contraire, car sans eux, il ne serait rien.
Mais je m'arroge le droit de me considérer comme supporter au même titre qu'eux. Ce qui ne m'empêche pas d'être critique, ayant nature à comparaison. Car un supporter ne doit pas non plus oublier le passé.
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